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Rencontre avec Lionel : derrière les coulisses de Tortuepedia

Aujourd’hui, c’est Lionel, grand spécialiste des Tortues Ninja, qui nous fait l’immense honneur de nous accorder une interview ! Créateur du site Tortuepedia.com, l’encyclopédie ultime des Tortues Ninja, ainsi que des comptes Tortues Ninja France sur les réseaux sociaux, Lionel nous offre une plongée fascinante dans l’univers des célèbres héros d’écailles (et de vinyle). Rassemblant une communauté de fans passionnés, il partage régulièrement toute l’actualité autour des TMNT ainsi que du contenu sur tous les aspects de cette franchise emblématique, de ses origines à ses adaptations modernes. Revenons ensemble sur son parcours et sa passion inébranlable pour les Tortues Ninja, symboles intemporels de l’aventure et de l’amitié, créées par Kevin Eastman et Peter Laird en novembre 1983.

– Bonjour Lionel, peux-tu te présenter, ainsi que ton parcours ?

Bonjour à tous ! Je m’appelle Lionel, grand fan dans Tortues Ninja d’une trentaine d’années. Mon parcours est assez atypique, mais une chose est certaine, je dois énormément aux Tortues. Ce que je suis devenu, mes passions… Tout est lié.

Aujourd’hui, j’ai la chance d’être archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Et j’étais loin de me destiner à cette profession à l’origine ! Tout a commencé quand j’avais 5 ou 6 ans, lorsque j’ai accompagné mon père à son travail. J’avais avec moi quelques jouets, des Power Rangers, du Masked Rider et surtout mon Pro pilot Donatello. Une figurine que je trouvais incroyable ! Au moment de rentrer à la maison, mon père et moi nous sommes arrêtés sur un parking en cours d’aménagement. Il ne manquait plus qu’à mettre le revêtement. Il y avait des gravats calcaires, un terrain de jeu qui nous appelait, mes figurines et moi pour cinq petites minutes. J’ai pris une figurine, lui ai fait porter une pierre pour la lancer sur mon Donatello et en soulevant le petit caillou, j’y ai découvert un coquillage. Qu’est-ce que faisait un coquillage sur une pierre ? Mon père m’a expliqué qu’il s’agissait d’un fossile, et je suis tombé immédiatement sous le charme de ces témoins d’une époque depuis longtemps disparue. Les années suivantes, et jusqu’à mon adolescence, nous avons retourné mon département à la recherche de fossiles avec mes parents. Une vraie passion, que je devais à l’origine à ce combat improvisé dans les cailloux d’un parking en cours de rénovation.

Arrivé au collège, j’ai commencé à me distancer de ces passions. Des fossiles, mais aussi des tortues. J’en avais honte. D’autres passions arrivaient également, comme Le Seigneur des Anneaux et les figurines à peindre et à jouer de Games Workshop. Si nous faisions souvent les brocantes avec mes parents le week-end, le regard des vendeurs – quand je leur demandais combien coûtait une figurine – me dérangeait. Qu’est-ce que je foutais encore avec des jouets à 14 ans ? Et les Tortues Ninja qui plus est ?! Mais en passant d’une étale à l’autre, je ne pouvais m’empêcher de regarder s’il n’y avait pas des tortues. Vous savez, cet amour que l’on croit terminé. Dans le fond, il n’en est rien. On ne fait que refouler… Voilà c’est ça.
Ainsi, une année après, j’ai décidé d’assumer totalement. J’ai découvert notamment le comic de 1984, le site et le forum de Tortueman qui m’ont permis de mieux connaître la licence et de découvrir des personnes géniales. D’échanger et d’en apprendre toujours plus sur nos tortues, qui étaient loin d’être la licence pour enfant, que tout le monde croit connaître. Et de fil en aiguille, cette passion n’a fait que croître.

Une fois au lycée, je ne savais absolument pas quoi faire. J’adorais le dessin, parlais plusieurs langues, aimais construire… Mais ni les Beaux-arts, ni architecte ni traducteur ne me plaisaient réellement. Puis ma copine de l’époque m’a rappelé cet amour que j’avais eu, étant enfant, pour les fossiles et m’a suggéré de faire une fac d’archéologie. Si j’étais un élève assez médiocre au collège et au lycée, je me suis révélé durant mes cinq années à l’Université. C’est durant cette période que j’ai commencé à vouloir aller plus loin dans les Tortues Ninja. Vouloir contribuer à améliorer leur image au quotidien, mieux les faire connaître. Et pas simplement en parler avec des fans déjà conquis.

À l’été 2013, j’ai demandé sur le forum Tortueman ce que les fans pouvaient attendre dans les mois ou années à venir, que nous pourrions mettre en place. J’avais alors dans l’idée de faire une sorte de portail sur le forum, à la manière de celui que nous pouvons voir sur le site/forum anglophone The Technodrome. Une page explicative renvoyant à des liens pour en savoir plus sur un univers spécifique. Une bonne entrée pour qui veut se familiariser avec l’univers ! Et un membre du forum (je ne me souviens plus de ton pseudo, mais si tu me lis, merci à toi !) m’a suggéré de faire un Turtlepedia à la française. Le projet était bien plus ambitieux que celui que j’avais imaginé, et pourtant parfaitement dans mes cordes. Je tenais des archives TMNT sur mon ordinateur depuis plusieurs années (textes, tableurs, références de dates, de figurines, de noms d’artistes, images…). Il suffisait juste de mettre tout cela en forme. Ma formation en histoire et en archéologie m’avait aidé dans la recherche, dans l’écriture, la synthèse. Je tenais à jour une page spécifique sur Wikipédia (hors TMNT). Il n’y avait plus qu’à se lancer ! Ce projet a mûri dans mon esprit durant plusieurs mois, jusqu’aux vacances de Noël. La procrastination pour lancer un projet d’ampleur d’un côté. La procrastination pour réviser mes partiels de l’autre. Je vous laisse deviner qui l’a emporté !

J’ai cherché un site qui puisse héberger le Tortuepédia le 28 décembre. Hors de question de travailler sur Wikipédia, que je connaissais que trop bien. Le site est top, mais peu crédible à mes yeux. Leur politique est bien trop stricte quant au niveau de précision à aborder sur une page (je ne pourrais clairement pas faire 900 pages de fiches personnages, de résumés de comics, d’épisodes ou de review chez eux, je me ferais retoquer). Ou bien trop souples quant à la correction d’une page (quasiment n’importe qui peut mettre n’importe quoi dessus). Il m’est déjà arrivé de corriger des pages Wikipédia sur les Tortues Ninja et me refaire corriger la même erreur quelques jours plus tard. Inutile d’insister. Le 29, la première pierre était posée. Je me laissais un mois pour mettre le site en forme et pouvoir proposer un minimum de contenu aux fans lors de leur première visite. Le reste évoluerait avec le temps. Je savais que le défi était de taille. Mais j’étais loin d’imaginer qu’il serait aussi colossal. Un vrai plaisir !

Et par un hasard des plus fous, durant cette période, j’ai été contacté par un autre membre du forum avec qui je m’entendais bien, Leonardude. Il était à l’origine d’un ancien site d’informations sur les Tortues Ninja, TMNT Universe (parce que oui, c’était le nom d’un site français avant d’être une mini-série de 25 numéros d’un comics américain sur les TMNT !) qu’il voulait totalement innover en créant en parallèle des réseaux sociaux. Il me proposait de me joindre à lui dans ce projet. Finalement, nous avions beaucoup d’idées en commun. Nous avons donc décidé d’unir nos projets sous une même bannière. Il a ainsi créé Tortues Ninja France sur Facebook. J’avais déjà créé le twitter de Tortueman quelques mois auparavant, que j’ai donc renommé en conséquence. Nous avions ainsi deux réseaux sociaux, un Tortuepédia pour l’encyclopédie, son TMNT Universe pour l’actualité et le forum Tortueman pour en discuter entre fans. Le projet Tortues Ninja France a été lancé le 9 février 2014, une semaine après le Tortuepédia. Une sacré aventure que j’aime rapprocher de la rencontre entre Eastman et Laird. Deux passionnés qui ne se connaissaient pas et qui ont décidés de mettre leurs passions en commun pour produire quelque chose.

Aujourd’hui, je jongle entre mon travail professionnel dans l’archéologie et les Tortues Ninja par passion. Hélas Leonardude a dû s’en aller par manque de temps. Car il faut bien le dire, gérer sa vie pro, sa vie privée et cette passion sous cette forme est ultra chronophage.
Et les fossiles dans tout ça ? Je m’y suis remis il y a quelques années. C’est d’ailleurs ce qui nous a uni ma compagne et moi (lors d’une sortie le long d’une falaise d’argile où nous avons terminé dans la boue, c’était hilarant). Et actuellement j’essaie de rapprocher un petit peu plus archéologie et paléontologie dans ma région. Si les deux disciplines peuvent paraître très similaires aux yeux du grand public (Jurassik Park, Indiana Jones, l’aventure, les trésors tout ça…), elles sont totalement différentes. Sauf dans mon cœur. Hélas, la paléontologie n’est pas prise suffisamment au sérieux en France, contrairement aux États-Unis ou la Chine, qui publient de superbes résultats chaque semaine.
À ma petite échelle, je cherche surtout à réaliser des inventaires des fossiles trouvés lors de nos fouilles sur mon temps perso (en plus des tortues et de bien d’autres choses…). Et aussi le week-end. Depuis bientôt trois ans, je cherche notamment dans un secteur précis les restes de reptiles marins (Ichtyosaures et Nothosaures) du Trias. Et j’essaie de communiquer ces informations, lorsqu’elles valent la peine, à la fac de science de ma ville. Tiens, vous savez le parking en rénovation où j’ai découvert mon premier fossile étant enfant ? C’était justement là ! Comme je le disais au début, tout est lié !

Donatello Pro Pilot, Playmates, 1991

– Peux-tu nous parler de ta passion pour les Tortues Ninja ? Quand et comment a-t-elle démarré ?

Je serais totalement incapable de te dire exactement comment cette passion a commencé. J’ai un vague souvenir de ne pas avoir aimé les tortues avant mes 3 ou 4 ans (si, si, je détestais !). Et quelque chose a fait que j’en suis tombé amoureux. Ça remonte ! Je me souviens surtout des fins d’après-midi quand je revenais de l’école et que je regardais les Tortues Ninja sur France 3. Ou lorsque mon oncle et mon père louaient les VHS des films au « Vidéo futur » du coin de la rue. C’était le bon temps !

L’un de mes plus grands regrets est de ne pas avoir vécu la Tortuemania de manière consciente. Etant né en 1992, je n’ai donc vraiment vécu les Tortues Ninja qu’à partir de 1996. Ma tortuemania à moi, c’était la série live Next Mutation. Bref vous voyez le genre ! Mais dans ce malheur, il y a aussi eu un petit peu de chance. Les TMNT tombaient en désuétude, ce qui a permis à mes parents de m’offrir des jouets d’occasion pour trois fois rien ! Quand nous allions en brocantes, nous trouvions des figurines à 20 centimes de francs !! Lors d’un vide grenier, une dame m’a même donné un Night Ninja Leonardo (dont le système à ressort fonctionnait encore). Un des souvenirs que je chéris le plus était un vide grenier pour enfants dans le plus grand parc de ma ville. Il se tenait sous un chapiteau de concerts et aux abords à la rentrée de septembre. Il devait y avoir plus de 200 enfants qui vendaient leurs jouets le samedi et le dimanche. En 2000, nous avions dû trouver plus de 30 figurines Tortues Ninja (sans armes). Mais aussi des vieux Playmobils, Lego, Power Rangers. C’était de la folie. Le rêve ! Hélas ce vide-grenier a cessé en 2001 ou 2002.

– Aujourd’hui, tu gères la page Tortuepedia, ainsi que les comptes Facebook, Twitter et Instagram de Tortues Ninja France. Que peut-on y trouver ?

Initialement, le Tortuepédia devait être un site de type encyclopédique, dans lequel les gens pouvaient se promener à la manière de Wikipédia. Après le départ de Leonardude, et donc de son TMNT Universe, j’ai décidé d’ajouter une partie information au site, qui pouvait ainsi jouer le double rôle. D’un côté s’informer au quotidien sur la licence des Tortues Ninja. Et rajouter des liens pour approfondir un thème, un personnage, un comic etc.

Aujourd’hui, vous pouvez trouver des centaines de résumés de numéros de comics, d’épisodes de séries. Je cherche toujours à rajouter le plus d’anecdotes possibles sur ces fiches. Vous pouvez également trouver près de 1 000 fiches personnages, réparties sur les différents univers que compte la licence. Des reviews de figurines, aussi bien actuelles que vintages (dans quelques mois). Bref, j’essaie de faire en sorte que toutes les infos glanées au fil des années soient présentes sur le site. Qu’il soit une réelle base de données pour répondre aux questions de tous les fans. Et j’en ai bien conscience, il y a encore du boulot ! Quand j’ai lancé le Tortuepédia en février 2014, j’estimais que le site ressemblerait à ce que je voulais au bout de cinq à dix ans maximum. Finalement, je n’ai pas encore fait le tiers de ce que j’ai en tête !

Du côté des réseaux sociaux, le but est de toujours informer les fans. Sur l’actualité. Sur les reviews et résumés que l’on peut retrouver au fil des semaines. Me connaissant, je papillonne beaucoup et j’essaie donc de respecter le plus possible un planning strict du minimum à produire par semaine. Un résumé de comic le mercredi, un résumé d’épisode le vendredi et une review de figurine le dimanche. Il m’arrive aussi de rajouter une review figurine pour rattraper au mieux mon retard et enfin m’attaquer, d’ici trois ou quatre mois je l’espère, aux figurines vintage.

La question de Twitter (enfin vous savez, la nouvelle Dimension X d’Elon Muskrang) me pose beaucoup de problèmes. Tous les matins je me lève en me demandant si ce réseau fonctionne encore. Les nouveautés ajoutées, les restrictions pour les non-abonnés, plus rien ne va. Je resterai dessus tant qu’il sera accessible gratuitement. Mais pour combien de temps ? J’ai créé un compte sur Blusky mais les membres sont encore trop rares et je pense également me tourner vers Mastodon. Mais quand on traite des Tortues Ninja, on a besoin d’avoir un regard sur plusieurs pays. Et l’éclatement de Twitter tend à disséminer les fans vers trop de réseaux différents.

– Pour quelqu’un qui ne connaît pas très bien l’univers des Tortues Ninja mais qui aurait envie de découvrir, par quel média lui conseillerais-tu de commencer ?

Vaste question ! Tout dépendrait du type de support qu’il aime et surtout de sa vision des Tortues Ninja. Aujourd’hui, le public fan se trouve entre les 30 et 45 ans. Des personnes qui ont grandi en France avec le dessin animé de 1987 et qui ont une fibre nostalgique très forte. Généralement, j’ai l’impression que s’ils conservent un regard très doux à l’égard de cette série, ils ne sont pas trop contre un niveau de maturité un petit peu plus élevé. Le succès de The Last Ronin parle de lui-même. Ou encore l’engouement autour du film de 1990, bien plus sérieux que les autres adaptations.

Les Tortues Ninja ont commencé au format comics, et je ne pourrais qu’encourager un nouveau venu à passer par ce médium pour se familiariser à cet univers. Peut-être un visionnage de la première trilogie de films permettrait de mieux cibler les attentes. Nous avons la chance en France de voir les comics publiés depuis 2018 avec un riche panel, entre la série actuelle d’IDW (en tomes et à présent en intégrale), les comics de 1984 (TMNT classics), The Last Ronin, les TMNT Adventures et même les crossovers avec Batman, les Ghostbusters, Usagi et les Power Rangers. Mon seul regret est que ce catalogue soit partagé entre deux éditeurs principaux. Il est déjà parfois compliqué de s’y retrouver avec les différents univers des Tortues Ninja. Cette dispersion n’aide pas.

Cependant, le format comics permet de réellement développer des intrigues et des personnages. Ce que les séries n’ont jamais trop su faire, étant toujours tournées vers un public jeune et donc avec des attentes spécifiques.

Mon pêché mignon est le dessin animé de 2003. Un excellent dosage entre une série pour enfants et des thématiques approfondies et des personnages bien écrits. Elle est souvent comparée à la série animée de Batman de 1992, sans pour autant atteindre le niveau de qualité de Bruce Tim et de son équipe. On m’a dit qu’elle avait mal vieillie. Sans doute ne suis-je pas objectif la concernant. Mais elle reste de grande qualité, et je ne peux que la recommander, au moins sur ses quatre ou cinq premières saisons. Le reste on peut l’oublier volontiers.

– Côté jouets et figurines Tortues Ninja, es-tu plutôt retro ou nouveau ?

Mon cœur serait terriblement tenté de répondre rétro. Mais la nostalgie parlerait plus fort que la raison. Impossible d’être donc objectif. Les figurines proposées par Playmates sont des petits bijoux. Les sculpteurs de Varner et d’Anaglyph ont fait un travail remarquable. J’aime particulièrement le fait qu’ils se soient souvent distancés des modèles de base, du dessin animé ou des comics pour proposer une version légèrement plus mature, avec des déchirures, des blessures, des cicatrices. C’est comme si ces figurines appartenaient à un univers à part.

Mais ce qui est produit depuis quelques années est également d’un très grand niveau. Je reste exclusif à NECA et j’apprécie le soin apporté aux différents univers. La volonté de coller le plus souvent possible au modèle d’origine. En 2023, ils sont les seuls à nous avoir proposé des tortues au design réellement tiré du dessin animé de 1987, et non pas du style guide que l’on retrouve un peu partout chez les autres fabricants. Quand je compare une figurine de Playmates à une production de NECA, étrangement, celle de Playmates perd de son éclat.

Parallèlement, je suis assez dégoûté de voir le nombre de fabricants qui possèdent et proposent la licence aujourd’hui. Il y en a pour tous les goûts. Mais hélas bien souvent, ils ne dépassent pas les quelques mois ou années de production avant de disparaître. Et de toujours proposer la même chose. Seuls quelques-uns sortent réellement du lot, comme Super7 qui, avec l’aide des Four Horsemen, propose des TMNT Ultimates totalement dingues. Ou The Loyal Subjects qui commence enfin à trouver sa place avec des figurines issues du comic actuel (il était temps que quelqu’un nous les propose !).

Les figurines vintage auront donc toujours une place privilégiée dans mon cœur. C’est avec elles que nous, enfants, nous sommes construits. C’est avec elles que je suis devenu la personne que je suis aujourd’hui (et que j’évoquais en début d’article). Leur place est indétrônable. Mais reconnaissons aussi le talent actuel. Qui aurait cru que nous aurions de si belles figurines, 30 ou 40 ans après ? Quand j’étais enfant, je rêvais d’avoir des figurines fidèles aux premiers films. J’ai bavé devant le Classic Collection Leonardo du film de 1990 de Playmates Toys quand il avait été annoncé en 2013. Aujourd’hui, je le regarde très différemment ! L’offre est devenue bien plus sérieuse.

– As-tu une ou plusieurs pièces préférées ? Peux-tu nous en parler ?

Il y a une figurine qui aura toujours une place particulière dans mon cœur. Cette figurine qui, lorsque vous la voyez, vous fait un petit quelque chose. Comme quand vous êtes amoureux. Il s’agit du Leonardo Movie Star. Elle a été pendant longtemps mon Graal ultime. Je l’ai rencontré pour la première fois en regardant le dos des blisters des figurines, quand je devais avoir 5 ou 6 ans. Son design, ainsi que celui des autres frères m’intriguait. Lorsque nous allions chez des amis de mes parents pour Nouvel An, un de leurs fils (alors adolescent) avait eu des jouets Tortues Ninja durant son enfance. Je me souviens de Graplor, le Turtlecopter, Movie Star Splinter et… Movie Star Leonardo ! Il manquait sa ceinture, son bandeau, ses armes. Mais la figurine était là. Et je pouvais jouer avec !! Si j’avais des figurines chez moi, aucune n’était comparable à ce Leonardo. Son design, bien plus réaliste, mais aussi et surtout la texture de sa peau. J’étais subjugué. J’avais essayé de la lui racheter avec mes quelques francs de l’époque – en vain. J’essayais de la trouver en brocantes – en vain également.

Puis je l’ai finalement trouvée en état correct sur un site d’enchères bien connu en 2009, deux ou trois ans après m’être réintéressé aux Tortues Ninja. Il manquait simplement le bandeau. Cette figurine était l’un de mes premiers achats en ligne. Une fois en main, je crois que je ne l’ai plus lâchée pendant une semaine. Je la gardais même dans mon sac pour aller au lycée. Et ironiquement, l’année suivante, j’ai trouvé un autre Movie Star Leonardo en brocante. Je l’ai acheté pour 1€ et lui ai pris son bandeau pour le coller sur celui que j’avais trouvé l’année précédente.

Movie Star Leo, Playmates, 1992

– Quels sont les produits dérivés Tortues Ninja incontournables pour un collectionneur selon toi ?

Tout dépendra de ce qui intéresse le collectionneur. Le monde des Tortues Ninja est terriblement vaste. Il y en a pour tous les goûts. Fans de figurines, de comics, de jeux vidéo, de babioles en tous genres… Qui suis-je pour dire à quelqu’un ce qu’il doit impérativement collectionner ?

Quand j’ai repris ma collection en 2007, je ne la destinais qu’aux figurines de Playmates de 1988-1997 (voire Next Mutation en 1997/1998). Puis avec le temps j’y ai ajouté les figurines de 2003/2009. Puis celles du dessin animé de 2012, de 2018, des films récents etc. Ce n’est qu’une question de vision initialement arrêtée qui s’est ouverte avec le temps. Aujourd’hui, je veux ma collection variée. Que ma curiosité pour tout et ma passion se reflète dedans. Les comics ne sont entrés dedans qu’en 2015, avant que les prix ne flambent de trop. J’y ajoute des produits dérivés assez loufoques comme des capsules de Coca Cola produites uniquement au Brésil dans les années 90’. Des pogs, les pin’s, des cartes Topps, des accessoires pour enfants, des fèves. À présent je cherche des produits un peu plus confidentiels comme des matériaux préparatoires au dessin animé, des accessoires de cinéma… (quand le prix le permet !!).

– Que peut-on attendre de la licence Tortues Ninja dans les mois/années à venir ?

Le film Ninja Turtles – Teenage Years (Mutant Mayhem outre Atlantique) qui est sorti l’été dernier au cinéma est le pilier central de ce qui nous attend dans les années à venir. Vu le traitement juridique adressé aux fans qui ont fait la promotion de ce film sans leur autorisation depuis le début de l’année, il serait difficile de croire que Viacom/Nickelodeon n’aient pas tout misés dessus. Et pour cause ! Une série étalée sur deux saisons est à venir à l’été 2024 sur Paramount+ (aux États-Unis tout du moins) et qui fera le lien entre le dernier film et le suivant (qui sortira probablement en 2025).

Je trouve le concept très intéressant. Permettre de mieux développer la psychologie des personnages au détour d’épisodes, plus longs, avant de foncer dans le vif du sujet à travers un autre film. Tout ce que j’espère, c’est qu’ils ne traiteront pas cette nouvelle série comme Rise of the TMNT (Le destin des Tortues Ninja). Si cette série avait du bon (voire du très bon !!), elle s’est retrouvée noyée sous les critiques et des épisodes totalement inutiles. S’il y a des fans qui l’ont adorée, tant mieux pour eux. Je respecte sincèrement leur point de vue. Mais j’espère simplement que Nickelodeon aura compris que ce n’était pas ce que la majorité des fans et surtout des enfants (puisqu’ils étaient les cibles principales de cette série) attendaient.

Il y a un an ou deux, il était question d’un film live. Cette idée semble totalement oubliée à présent. Ou plutôt reconvertie ? Puisqu’on vient de nous annoncer un film live, rated-R autour de The Last Ronin. Je suis très curieux de voir ce que donnera cette adaptation. Le scénariste et le producteur principal semblent familier des films sanglants et d’horreur. Ca donne le ton ! J’espère seulement que cela ne prendra pas le dessus sur une écriture de qualité.

C’est surtout du côté des comics que je m’interroge. Nous approchons du TMNT #150, qui marquera un point final à la narration de Sophie Campbell. Une suite est déjà annoncée, sous forme d’un relaunch. Nouveau scénariste, nouvelles histoires. Vivement !

Sans oublier The Last Ronin, qui cartonne en France comme aux États-Unis. La deuxième série, nommée The Lost Years sortira en 2024 chez nous. Elle permet de faire le pont vers un troisième volet, The Last Ronin II, qui va développer un pan totalement inédit dans l’Histoire des Tortues Ninja. Clairement, il y a quelque chose à faire de ce côté. On nous a annoncé un jeu-vidéo pour dans un an ou deux. Les fans sont très demandeurs d’un univers plus sérieux et sombre pour les Tortues Ninja. Il est grand temps de les récompenser !

Côté français, 2024 va être de la folie. HiComics poursuit son travail en proposant à la fois le comic d’IDW dans sa production standard avec le post TMNT #100 sous le titre de TMNT Reborn, mais aussi les intégrales. Ce nouveau format qui a commencé cette année réédite l’ensemble des tomes déjà parus tout en y ajoutant enfin les mini-séries et les micro-séries qui sont sorties en parallèle. Si vous n’avez pas encore vu la différence pour le moment, croyez-moi, les tomes suivants vont proposer du véritable matériau inédit en France !

Nous avons aussi l’éditeur Vestron, qui propose des numéros un petit peu moins connus, comme Bodycount ou Soul’s Winter. Ils ont largement étoffé leur catalogue à partir du début 2024, en ciblant notamment le public nostalgique avec deux titres. Les TMNT Adventures d’Archie, qui sont sortis en France dans les magazines Tournon et dans les albums à la couverture noire de USA Magazine, dans les années 90’. Mais aussi les TMNT Saturday Morning Adventures, qui sont des comics s’inspirant des histoires et des designs du dessin animé de 1987, en les transposant dans des problématiques plus actuelles. Ca bouge pas mal en France, c’est très plaisant !

– Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Mon plus gros projet Tortues Ninja était une étude très poussée sur les blisters des dix premières figurines sorties en 1988 et leurs innombrables rééditions. Les quatre articles ont été publiés à l’été 2023 (vous pouvez retrouver la partie 1 ici). Le but était de montrer à la fois ce qui était sorti, mais aussi de reconstituer la chronologie de parution et d’aider les collectionneurs à mieux cibler un blister. Est-ce réellement une première édition comme le vendeur le prétend sous prétexte qu’il y a un flyer à collectionner à l’intérieur ? Ou plutôt une troisième ou quatrième édition ? Qu’est-ce que ces figurines qui proposent une pièce de collection à l’intérieur ? Ou une carte collector ? Playmates joue beaucoup sur la fibre nostalgique des fans en proposant des figurines vintage ces dernières années. Qu’est-ce qui sort et sous quel format exactement ? Ce sont ces questions auxquelles ces articles répondent.

Mais avant la rédaction de cet article, je m’étais lancé dans un autre pari fou, qui était le recensement des pin’s Tortues Ninja. Si l’on voit toujours les mêmes, c’est qu’il y a eu une vague de contrefaçons totalement folle en 1990. Et c’est une spécificité très française ! Les recherches sur les blisters m’ont un petit peu (beaucoup !!) écartées de ce premier article, sur lequel je vais pouvoir à présent travailler. Un collectionneur m’a dit un jour que c’était impossible. C’est ce qu’on va voir ! Les résultats obtenus étaient déjà très intéressants, il me tarde d’avoir plus de temps pour terminer.

Enfin, je vais avoir un petit peu plus de temps devant mois dans quelques mois. Je souhaiterais modifier quelques sections sur le Tortuepédia. Rendre la partie comics plus simple, compréhensive et intuitive. Mais aussi et surtout me concentrer sur les figurines vintage de Playmates. Ca fait un moment que j’en parle. Les reviews de NECA me prennent trop de temps. J’ai rattrapé une grosse partie de mon retard. J’espère que 2024 me permettra de pouvoir me concentrer sur ces vieux jouets qui ont tant à révéler !

Merci beaucoup Lionel ! A très bientôt !

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